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Le noisetier commun : du pollen pour les abeilles dès la fin de l’hiver
Biodiversité/ 22 oct. 2026

Le noisetier commun : du pollen pour les abeilles dès la fin de l’hiver

À la découverte des plantes mellifères · Fiche 01

Autour de mon rucher, à Gonfreville, je suis entouré de haies bocagères. Les noisetiers y représentent à eux seuls au moins cent mètres de haie. On les connaît surtout pour leurs noisettes, mais leur intérêt pour les abeilles commence bien avant l’automne : dès la fin de l’hiver, leurs chatons offrent une ressource précieuse pour démarrer la saison.

À cette période, les grandes floraisons printanières se font encore attendre. Le noisetier fait partie des premières sources importantes de pollen. Et pour une colonie qui élève ses futures abeilles, ce pollen compte beaucoup.

Le noisetier en quelques repères
  • Nom scientifique : Corylus avellana.
  • Famille : Bétulacées.
  • Où le trouver : haies bocagères, taillis et lisières.
  • Floraison : généralement de janvier à mars, selon la météo.
  • Ce qu’il apporte aux abeilles : du pollen précoce.

Des chatons qui annoncent le début de saison

En hiver, le noisetier se reconnaît à ses longs chatons pendants, visibles sur les branches encore sans feuilles. Ce sont les inflorescences mâles : chacune rassemble de nombreuses petites fleurs qui libèrent du pollen à maturité.

Les fleurs femelles sont bien plus discrètes. Pour les découvrir, il faut regarder les rameaux de près : de minuscules filaments rouges dépassent de petits bourgeons. Les fleurs mâles et femelles se trouvent sur le même arbuste, mais dans des fleurs séparées.

Au printemps, les feuilles apportent un autre repère : elles sont larges, doublement dentées et légèrement velues. Puis viennent les noisettes, entourées de leur enveloppe feuillue. Le noisetier forme souvent une touffe de plusieurs tiges qui repartent de la souche, une silhouette familière dans nos haies.

Feuilles arrondies et dentées de noisetier commun Corylus avellana, avec des noisettes encore dans leur enveloppe verte
Les feuilles et les noisettes aident à reconnaître le noisetier pendant la belle saison, après la floraison des chatons. Photo : MPF, CC BY-SA 3.0. Affichage redimensionné.

Une ressource bien présente dans notre bocage

Dans mon environnement à Gonfreville, le noisetier occupe une vraie place au sein des haies qui entourent le rucher. Ces haies sont beaucoup plus étendues que les seuls cent mètres de noisetiers : elles composent tout un réseau autour des colonies.

Sa présence est également documentée par l’Observatoire de la biodiversité du Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, notamment à Vesly, Saint-Patrice-de-Claids et La Feuillie.

Pour comprendre les ressources des abeilles dans le Cotentin, il faut donc regarder les prairies et les fossés, mais aussi les haies, les talus et les lisières. Leurs floraisons se succèdent et se complètent au fil de l’année. Le noisetier ouvre très tôt cette succession.

Pourquoi son pollen est-il si important ?

Le miel et le pollen remplissent des fonctions complémentaires dans la ruche. Le miel apporte surtout de l’énergie. Le pollen constitue la principale source de protéines de la colonie, avec les acides aminés nécessaires au fonctionnement des abeilles et à la croissance des larves.

Les jeunes ouvrières nourrices consomment du pollen. Cette alimentation soutient leurs glandes nourricières, qui produisent les sécrétions servant à nourrir les larves. Derrière une rentrée de pollen, il y a donc toute une chaîne alimentaire : les butineuses récoltent, les nourrices transforment et distribuent, les larves grandissent.

Ces larves deviendront les nouvelles ouvrières de la colonie. Les apports précoces participent ainsi au renouvellement de la population et à la préparation du développement printanier. Avoir du miel en réserve ne remplace pas cet apport de protéines.

C’est là que le noisetier prend toute son importance. Là où il est abondant, il peut constituer la première grande ressource pollinique disponible autour des ruches. L’ordre des floraisons varie selon les années et les autres plantes présentes, mais sa précocité en fait un allié du début de saison.

Quand les abeilles peuvent-elles en profiter ?

La floraison se situe généralement entre janvier et mars. Les dates varient avec la météo et d’un arbuste à l’autre. Les chatons peuvent être visibles longtemps avant de libérer effectivement leur pollen.

Pour les abeilles, les journées favorables au butinage comptent aussi. La pluie, le froid ou le vent peuvent limiter les sorties, même si les noisetiers sont en fleurs. Lorsqu’une fenêtre de beau temps se présente pendant la floraison, les butineuses peuvent exploiter les chatons.

Pour observer ce moment, regardez tranquillement un rameau en fleurs, sans le secouer. Suivez les déplacements des insectes sur les chatons : c’est une belle occasion de découvrir une activité discrète, à une saison où l’on imagine parfois que tout est encore au repos.

Du pollen, mais pas une floraison à miel

L’intérêt floral du noisetier pour les abeilles est pollinique. La liste nationale des plantes attractives ne lui attribue pas d’intérêt nectarifère. Il ne faut donc pas attendre de ses chatons une miellée comparable à celle du trèfle blanc ou du châtaignier.

Cela n’enlève rien à sa valeur. Pour l’apiculteur, une plante peut jouer un rôle important dans l’alimentation et le développement des colonies sans contribuer à remplir les hausses.

Le saviez-vous ?

Le noisetier est principalement pollinisé par le vent. Les abeilles profitent de son pollen, mais sa reproduction ne repose pas sur leurs visites comme celle de nombreuses autres plantes à fleurs. Récolter du pollen et assurer la pollinisation sont deux choses différentes !

Comment lui garder une place ?

Le premier geste est de conserver les noisetiers déjà présents dans les haies lorsque les usages du terrain le permettent. Leur intérêt s’ajoute à celui des autres essences du bocage, qui fleuriront à d’autres moments.

Pour une plantation au jardin, prévoyez de la place pour son port buissonnant et choisissez un sol frais mais drainé, au soleil ou à mi-ombre. Un emplacement durablement gorgé d’eau lui convient moins bien. Une haie diversifiée permettra d’étaler les floraisons plutôt que de concentrer toutes les ressources sur quelques semaines.

Trois questions sur le noisetier et les abeilles

Le noisetier est-il une plante mellifère ?

Il a sa place parmi les plantes qui nourrissent les abeilles. Pour décrire précisément son intérêt floral, on emploie le mot « pollinifère » : il fournit du pollen.

Pourquoi les protéines du pollen sont-elles nécessaires au couvain ?

Elles soutiennent notamment les nourrices qui produisent la nourriture des larves. Le pollen participe ainsi à l’élevage des futures générations d’abeilles.

Pourquoi ne vois-je pas d’abeilles sur mes chatons ?

Vérifiez que les chatons libèrent leur pollen et que la météo permet les sorties. Une absence de visite lors d’une observation ne suffit pas à juger l’intérêt de l’arbuste.

Une haie qui prépare déjà le printemps

Bien avant les noisettes, le noisetier offre aux abeilles une ressource importante : du pollen pour accompagner l’élevage des futures ouvrières. Autour de mon rucher comme dans les haies du bocage, ses chatons nous rappellent que la préparation du printemps commence alors que les branches sont encore dénudées.

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