- Une plante connue, une botanique pleine de surprises
- Le saviez-vous ?
- Sa place dans les paysages du Cotentin
- Quand les abeilles en profitent-elles ?
- Du nectar et du pollen pour les colonies
- Un pollen utile, au sein d’une alimentation variée
- Peut-il entrer dans le miel de printemps ?
- Comment lui faire une place au jardin ?
- Trois questions sur le pissenlit
- Regarder autrement une fleur du quotidien
- Sources pour aller plus loin
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À la découverte des plantes mellifères · Fiche 04
Il suffit de quelques journées printanières pour voir apparaître des touches de jaune dans les prairies, les jardins et les bords de chemins. Le pissenlit est si familier qu’on finit parfois par ne plus le regarder. Pourtant, ses fleurs offrent aux abeilles du nectar et du pollen, à une période où les colonies se développent.
Après les chatons du saule marsault, baissons les yeux vers l’herbe. Une plante toute simple nous donne une autre façon de découvrir les ressources du printemps.
- Nom botanique : pissenlits du groupe Taraxacum officinale.
- Famille : Astéracées.
- Milieux : prairies, pelouses, jardins et bords de chemins.
- Floraison : surtout au printemps, avec des fleurs possibles à d’autres périodes.
- Ressources pour les abeilles : nectar et pollen.
Une plante connue, une botanique pleine de surprises
Les feuilles du pissenlit forment une rosette au ras du sol. Leurs découpes, souvent pointues, lui valent son autre nom : « dent-de-lion ». Une racine pivotante l’ancre dans le terrain.
Les tiges florales sont creuses, sans feuilles et portent chacune une tête jaune. Lorsqu’on les casse, elles laissent apparaître un latex blanc. Plus tard, la tête fleurie fait place à la boule légère sur laquelle les enfants aiment souffler.
Cette silhouette est facile à reconnaître, mais le nom « pissenlit » rassemble de nombreux taxons proches. Nous traitons ici les pissenlits communs du groupe Taraxacum officinale. Distinguer précisément toutes ces petites espèces est un travail de botaniste, inutile pour commencer à observer leur intérêt pour les abeilles.
Le saviez-vous ?
La « fleur » jaune du pissenlit est en réalité un bouquet de petites fleurs réunies sur un même support : un capitule. Chaque petite languette jaune appartient à une fleur. Les aigrettes de la boule blanche accompagnent ensuite les petits fruits dispersés par le vent.
Sa place dans les paysages du Cotentin
Le pissenlit accompagne les espaces herbeux : pelouses, prairies, jardins et bords de chemins. Dans notre territoire, le groupe Taraxacum officinale figure dans l’inventaire botanique de la réserve naturelle de la Sangsurière et de l’Adriennerie.
Cette mention confirme sa présence locale. Elle ne signifie pas que toutes les parcelles de marais offrent la même ressource : une prairie, un jardin et un secteur longtemps inondé présentent des conditions différentes.
Pour apprécier l’intérêt d’un espace pour les abeilles, regardez surtout la floraison réelle. Quelques pieds isolés et une surface couverte de capitules ouverts ne représentent pas la même quantité de nourriture. La fauche, le pâturage et la tonte modifient également la disponibilité des fleurs.
Quand les abeilles en profitent-elles ?
La floraison printanière est la plus marquante. Avril et mai constituent de bons repères pour les grandes floraisons, mais des fleurs peuvent apparaître plus tôt et se retrouver bien au-delà du printemps.
Dans la Manche, mieux vaut suivre le terrain que retenir une date unique : la météo, l’exposition et l’entretien des espaces herbeux font varier le calendrier.
Les fleurs ouvertes permettent de regarder le butinage de près, sans manipuler la plante. Une photographie du capitule, des feuilles et de l’insecte donne davantage d’informations qu’un gros plan isolé. Les pelotes de pollen seules ne suffisent pas à identifier avec certitude la plante récoltée.
Du nectar et du pollen pour les colonies
Le pissenlit figure dans la liste nationale des plantes attractives pour les abeilles, avec un intérêt reconnu pour le nectar et le pollen. Ses petites fleurs regroupées offrent aux butineuses de nombreux points de récolte sur un même capitule.
Le nectar apporte des sucres : il contribue aux besoins énergétiques de la colonie et peut participer à la production de miel. Le pollen entre dans l’alimentation protéique des abeilles, notamment celle des nourrices qui assurent le nourrissage des larves.
Au printemps, les colonies élèvent de nouvelles générations d’ouvrières. Les ressources des plantes herbacées s’ajoutent alors à celles des arbres et des haies. Une prairie fleurie peut ainsi compléter les apports des saules, des fruitiers et des autres floraisons accessibles.

Un pollen utile, au sein d’une alimentation variée
Beaucoup de pollen ne veut pas automatiquement dire pollen très riche en protéines. La synthèse d’Agroscope décrit celui du pissenlit comme relativement pauvre en protéines et en acides aminés essentiels.
Cela n’annule pas son intérêt : le pissenlit fournit du pollen et du nectar, parfois sur de grandes surfaces. Cela rappelle simplement pourquoi une seule floraison ne résume pas les besoins d’une colonie. Les ressources complémentaires du paysage comptent aussi.
Une haie diversifiée, des arbres en fleurs et des espaces herbeux fleuris offrent plusieurs possibilités de récolte. C’est cette diversité et leur succession dans l’année qu’il est intéressant de préserver.
Peut-il entrer dans le miel de printemps ?
Oui. Son nectar peut contribuer aux miels printaniers. Des miels à dominante de pissenlit sont notamment produits en Suisse dans les régions où la floraison est abondante.
La présence de pissenlits près d’un rucher ne suffit toutefois pas à attribuer une récolte à cette plante. Les abeilles disposent souvent de plusieurs floraisons simultanées. Pour caractériser précisément un miel, il faut des éléments adaptés, et pas seulement la couleur d’une prairie ou du pot.
Comment lui faire une place au jardin ?
Le plus simple est souvent de garder une partie des pissenlits déjà présents. Une bande fleurie, un coin de pelouse ou une bordure peuvent conserver des fleurs pendant que les espaces de passage restent entretenus.
Adapter les tontes à la floraison permet de laisser une ressource accessible. Le but est de trouver une organisation compatible avec l’usage du jardin, puis de regarder quels insectes en profitent.
La RHS mentionne l’intérêt de ses fleurs pour les abeilles et les papillons, ainsi que celui de ses graines pour de petits oiseaux. Le pissenlit participe donc à plusieurs moments de la vie du jardin. Il n’est pas nécessaire de le semer dans un milieu naturel : préserver la végétation spontanée adaptée est un bon point de départ.
Trois questions sur le pissenlit
Est-ce vraiment une plante intéressante pour les abeilles ?
Oui. Son nectar et son pollen sont documentés dans les références apicoles. Son importance autour d’un rucher dépend notamment de la quantité de fleurs disponibles.
Son pollen peut-il couvrir à lui seul tous les besoins ?
Il ne faut pas le considérer comme une alimentation complète. Sa composition souligne l’intérêt de ressources florales diversifiées pour la colonie.
Dois-je laisser toute ma pelouse pousser ?
Vous pouvez commencer par un coin ou une bande moins souvent tondue. Laissez fleurir, observez les visiteurs, puis adaptez l’entretien à vos usages.
Regarder autrement une fleur du quotidien
Le pissenlit nous rappelle qu’une ressource utile aux abeilles peut pousser à nos pieds. Quelques fleurs conservées au jardin offrent une occasion d’observer ; des surfaces plus étendues peuvent contribuer aux apports de printemps. Son intérêt prend toute sa place aux côtés des autres floraisons du bocage.


