- Une fleur à regarder de près
- Sa place dans les vergers du Cotentin
- Une floraison courte, au rythme des variétés
- Du nectar et du pollen pour les abeilles
- Le nectar fournit de l’énergie
- Le pollen accompagne l’élevage du couvain
- Des fleurs aux pommes : le rôle de la pollinisation
- Le saviez-vous ?
- Les abeilles domestiques ont des partenaires au verger
- Peut-on récolter du miel de pommier ?
- Comment favoriser un verger accueillant ?
- Trois questions sur le pommier et les abeilles
- Le verger nourrit aussi le printemps
- Sources pour aller plus loin
- À lire aussi
À la découverte des plantes mellifères · Fiche 07
Avant les pommes, il y a les fleurs. Et dans ces fleurs, les abeilles trouvent du nectar et du pollen pour accompagner le développement des colonies. En passant d’un pommier à l’autre, elles rendent aussi un précieux service au verger : elles transportent le pollen nécessaire à la formation des fruits.
Dans nos paysages normands, le pommier relie ainsi deux récoltes bien différentes : celle des abeilles au printemps et celle des fruits quelques mois plus tard. Prenons le temps de regarder ce qui se passe entre les pétales.
- Nom scientifique : Malus domestica, également écrit Malus × domestica dans certaines classifications.
- Famille : Rosacées.
- Statut : arbre fruitier cultivé ; cette fiche concerne les pommiers des jardins et vergers.
- Floraison : principalement avril–mai, selon la variété et la météo.
- Ressources : nectar et pollen accessibles à l’abeille domestique.
Une fleur à regarder de près
Le pommier porte des feuilles caduques, ovales et dentées. Son port et sa taille varient beaucoup selon la variété, le porte-greffe et la façon de le conduire : un petit arbre de jardin et un grand pommier de verger ne prennent pas la même place.
Les boutons floraux, souvent roses, s’ouvrent en fleurs à cinq pétales blancs ou rosés. Au centre se trouvent de nombreuses étamines, dont les anthères libèrent le pollen, et les organes femelles qui le reçoivent.
Les fleurs sont regroupées en bouquets. Lorsque la fécondation et les conditions de développement le permettent, certaines donneront des pommes contenant les pépins. Toutes les fleurs d’un arbre ne deviennent donc pas des fruits à récolter.
Sa place dans les vergers du Cotentin
Chez nous, les pommiers font aussi partie du paysage de la parcelle. Sur un rucher secondaire, j’ai même deux ruches entourées de pommiers. Leur floraison offre donc une belle occasion de suivre les ressources du verger à proximité des colonies.
Le pommier cultivé appartient aux jardins, aux vergers familiaux et aux paysages de production cidricole. Sa présence locale est aussi illustrée par des projets documentés par le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.
La brochure Ma commune en transition, publiée en 2025, présente notamment le verger du Petit Saint-Germain à Gorges, tout près de Gonfreville, ainsi qu’un verger de variétés locales à Rémilly-les-Marais.
Ces exemples ancrent le pommier dans notre territoire. Pour apprécier sa contribution à l’alimentation d’une colonie, il faut ensuite regarder les arbres réellement en fleurs autour du rucher. Un pommier isolé et un verger bien fleuri n’offrent pas la même quantité de ressources.
Une floraison courte, au rythme des variétés
Avril et mai constituent les principaux repères de floraison. Toutes les variétés ne fleurissent pas ensemble : certaines commencent plus tôt, d’autres prennent le relais. La météo peut aussi avancer ou retarder l’ouverture des fleurs.
Pour un arbre donné, cette ressource reste temporaire. Quelques belles journées peuvent permettre un butinage actif ; le froid, la pluie ou le vent peuvent au contraire réduire les sorties. Les fleurs, elles-mêmes sensibles au gel, ne garantissent pas à elles seules une récolte de fruits.
Au jardin, observez successivement les boutons roses, les premières fleurs ouvertes puis la pleine floraison. C’est une manière simple de suivre le printemps, et de comparer les dates entre plusieurs pommiers.
Du nectar et du pollen pour les abeilles
Le nectar fournit de l’énergie
Le pommier figure dans la liste nationale des plantes attractives pour les abeilles, avec un intérêt reconnu pour le nectar et le pollen. Ses fleurs ouvertes permettent aux abeilles domestiques d’accéder à ces ressources.
Le nectar est une nourriture sucrée. Il contribue aux besoins énergétiques de la colonie et peut entrer dans la fabrication du miel. Sa production et sa récolte varient avec les conditions du moment : la météo, les caractéristiques de la plante et la possibilité de butiner comptent aussi.
Le pollen accompagne l’élevage du couvain
Au printemps, les colonies élèvent de nouvelles générations d’ouvrières. Le pollen participe à l’alimentation des jeunes abeilles, notamment des nourrices qui produisent la nourriture destinée aux larves.
Agroscope décrit les fruitiers à pépins comme des ressources intéressantes pour cet élevage et le développement printanier. Leur floraison s’ajoute à celles des haies, des arbres et des plantes herbacées. Cette complémentarité est précieuse : l’alimentation des colonies se construit dans tout le paysage.

Des fleurs aux pommes : le rôle de la pollinisation
En visitant les fleurs, les insectes peuvent transporter du pollen des étamines jusqu’aux stigmates, les surfaces qui le reçoivent. Si ce pollen est compatible, la fécondation peut ensuite avoir lieu.
La plupart des variétés de pommier ont besoin du pollen d’une autre variété pour bien fructifier. Il faut donc des variétés compatibles, avec des floraisons qui se recouvrent, et des insectes pour assurer le transport.
Deux arbres de la même variété ne répondent pas forcément à ce besoin. Avant de planter, demandez au pépiniériste quelles associations conviennent à vos variétés et à votre terrain.
Le saviez-vous ?
Dans les conseils de jardinage, un « pommier pollinisateur » désigne souvent une variété qui fournit du pollen compatible à une autre. Il ne faut pas la confondre avec l’insecte pollinisateur, qui transporte ce pollen de fleur en fleur. Le verger a besoin des deux rôles.
Les abeilles domestiques ont des partenaires au verger
L’abeille domestique n’assure pas seule la pollinisation. Des abeilles sauvages, dont des osmies et des bourdons, ainsi que des syrphes peuvent participer aux visites des fleurs.
La synthèse du GIS Fruits, du CTIFL et de l’INRA souligne l’intérêt de l’abondance et de la diversité des pollinisateurs en verger. Chacun a son comportement ; la présence de plusieurs espèces compte aussi.
Préserver des haies, des refuges et des fleurs au-delà de la seule floraison des pommiers aide à accueillir cette diversité. Un verger ne se résume pas aux quelques semaines où ses arbres sont blancs et roses.
Peut-on récolter du miel de pommier ?
Le nectar des pommiers peut contribuer au miel de printemps. Agroscope décrit les miels monofloraux de fruitiers à pépins comme rares en Suisse et surtout liés aux grandes zones d’arboriculture.
Autour d’un rucher du Cotentin, plusieurs plantes peuvent fleurir simultanément, comme le pissenlit, les érables ou le colza. La présence de pommiers ne suffit donc pas à attribuer toute une récolte à leurs fleurs.
Comment favoriser un verger accueillant ?
Pour une plantation, choisissez un emplacement ensoleillé, un sol bien drainé et un porte-greffe adapté à la place disponible. Dans notre territoire de marais, les terrains durablement gorgés d’eau demandent une attention particulière : tous les emplacements ne conviennent pas à un pommier.
Faites-vous conseiller sur les variétés adaptées localement, leur compatibilité et leur période de floraison. La conservation des variétés fruitières du territoire peut ainsi rejoindre un projet de jardin ou de verger.
Vous pouvez aussi garder des zones fleuries et des refuges dans les espaces voisins, en adaptant l’entretien aux usages du terrain. Les haies et les autres floraisons prolongent l’offre alimentaire après la chute des pétales.
Trois questions sur le pommier et les abeilles
Le pommier fournit-il seulement du pollen ?
Il fournit du pollen et du nectar. Les deux ressources sont récoltées par les abeilles domestiques.
Pourquoi mon pommier fleurit-il mais donne-t-il peu de pommes ?
Une pollinisation insuffisante ou l’absence d’une variété compatible peut intervenir, mais ce n’est pas la seule cause. Le gel, les conditions de culture et l’état de l’arbre doivent aussi être considérés.
Faut-il installer une ruche pour avoir des pommes ?
Un jardin n’a pas systématiquement besoin de sa propre ruche. Les abeilles domestiques des environs et les pollinisateurs sauvages peuvent visiter les fleurs. Favoriser leur accueil et disposer de variétés compatibles sont de bons points de départ.
Le verger nourrit aussi le printemps
Le pommier offre aux abeilles du nectar et du pollen tout en bénéficiant de leurs visites. Reconnaître cette relation permet de regarder autrement les fleurs du verger : elles préparent à la fois de nouvelles générations d’abeilles et les fruits de la saison.


